D'Ici Et D'Ailleurs

7, rue du Tuadou

81 170 Cordes sur Ciel

Tarn - Midi-Pyrénées - Occitanie

06 76 68 43 92

Pour toute information ou réservation par téléphone

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Collection

Docs en Terre d’Oc

100 %  CORDES sur Ciel

GUIDE DÉCOUVERTE D'UNE CITÉ MUSE

TÊTE D'AFFICHE

FAIT DIVERS

Jeanne Ramel-Cals...

La "Dame de Cordes"

Trois Visiteurs-Inquisiteurs

jetés dans le

TRÈS-PROFOND-PUITS-SANS-EAU !

L'ART DE PAVOISER OU DE DÉFIER...

MIRACLE D'OCCITANIE

L’ICÔNE CÉLESTE

ÉDITORIAL

Des êtres étranges venus

d'une autre Époque...

Leur Cible... L’Éternité...

Leur But... Témoigner

Ils sont là... Ils vous attendent et ont une déclaration publique à vous transmettre !

       Dans la Grand’Rue Raymond VII, artère première et épicentre de la Cité, la « Dame de pierre » médiévale se livre à une véritable opération de communication ! En effet, les bâtisseurs originels et leurs inspirateurs messagers ont donné la parole aux façades des Demeures Patriciennes, fleurons de l’architecture civile gothique. Pionnière du  « Street Art » avant l’heure, Cordes projette sur l’écran de ses Murs, une véritable fresque de ses heurts et malheurs ou de ses quêtes improbables. Une pléiade de sculptures en tous genres habille la « Belle aux Murs Parlants ». Il s’agit de  la signature d’une époque, écho à la fois d’un Drâma, celui des hérétiques catharins et d’une Utopie, celle de l’eldorado alchimique…. 

VOYAGE SUPRA-TERRESTRE

À CORDES, TOUT EST

DANS LA "FAÇADE" !

Messages cryptiques délivrés à l’adresse de visiteurs-témoins intemporels…  

             

 À vos décodeurs…

Des « hiéroglyphes médiévaux » vous défient…

Quelques Parthénons, sur quelques sommets, peuvent s’ériger parmi les nuées 

«

»

RAMEL-CALS Jeanne (1947) – Cordes-sur-Ciel. Magies et mystères de son passé. Imprimerie coopérative du Sud-Ouest. 87 p. (p. 8)

DÉBAT

Bruissements révolutionnaires...

Et si la "Reine des Bastides"

était destituée ?

ÉVÈNEMENT

FOCUS

Fumée blanche...

Le jour où Cordes est devenue

Cordes sur Ciel... L'audace poétique !

1222... Quand Raymond VII,

le comte bâtisseur

inventa... Cordoa

Sommaire

1/1

LE NOM EST POÉSIE...

LA MÉTAPHORE DISTINCTIVE

CORDES,

LA CITÉ CÉLESTE

        Le 26 mars 1993, la commune de Cordes, à la faveur d’un acte de démocratie locale participative et après une lourde procédure technocratique, a été officiellement rebaptisée par un décret ministériel. Elle a vu son nom originel, au registre quelque peu ordinaire, agrémenté d’un complément qualificatif au caractère quelque peu audacieux, puisque puisant son inspiration dans une fibre poético-naturaliste. La multiséculaire Cité de « Cordes » est devenue la métaphorique « Cordes sur Ciel ».

Quand la Cité se réinvente...

Baptême des Cieux...

Cordes aurait pu être

Cordes en Albigeois,

Cordes sur Cérou ou

Cordes sur Mordagne…  

Un plébiscite inspiré a institué Cordes sur Ciel…

      Cette opération symbolique de redénomination d’une collectivité territoriale qui brave les réflexes conservateurs, n’a rien d’exceptionnel. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, il a été comptabilisé plus de 2 000 changements de noms de communes françaises, soit environ 5 % des moins des 36 000 communes actuelles. Par contre, le choix de cette nouvelle appellation n’est pas un simple acte de nomenclature administrative. Il est le reflet d’une volonté de revisiter profondément la personnalité territoriale de la Cité en cherchant à cultiver une certaine Exclusivité. En effet, Cordes est devenue la seule localité de France (et peut être du monde ?) à posséder un toponyme qui se décline avec le domaine céleste ! Certaines communes s’accommodent d’un « Saint »… et elles sont légion ; d’autres se marient avec la mer, un fleuve, un bois… ou autre élément géophysique remarquable ; d’autres encore doivent endurer une dénomination peu flatteuse car burlesque ou malsonnante… Cordes sur Ciel a pour elle le privilège d’une unicité. Par le changement de nom qu'elle a voulu et su opérer, la Cité s’est puissamment et solidement renouvelée. Désormais, sa simple évocation sous les traits de son « habit neuf » déclenche une intense mise en curiosité ou une mise en désir du Lieu. Le toponyme initial banalement quelconque est devenu fondamentalement extraordinaire. La bonification nominative est réussie et elle est par essence porteuse d'une forme de géopoétique intarissable.

     Nomen est omen selon la célèbre formule de Cicéron… Le nom est présage… En effet, Cordes sur Ciel bénéficie d’une « rente de situation » géographique : elle est une tribune privilégiée pour y savourer « les plus beaux matins du monde ». Sa force distinctive réside dans une Posture puis dans une Mécanique. La Posture tient à la position de la Cité fièrement « perchée sur son Puech » et postée en vigie. La Mécanique est en relation avec le « show matinal » qui booste certains réveils de la Cité et qui est digne d’une superproduction dans laquelle deux impresarii, officient conjointement et majestueusement : la Brume Matinale et le Soleil Levant. Quand les conditions saisonnière et météorologique sont réunies, alors que la Bas de la Cité et les vallées environnantes sont plongées dans une nébuleuse brumeuse, la Haute Cité se retrouve nimbée d’une mer de nuages qui la propulse à l’interface du Ciel et de la Terre générant ainsi un sentiment d’apesanteur. Cordes, telle une « Cité-Vaisseau », donne alors l’impression de partir à l’assaut du ciel et de planer dans une dimension supraterrestre. Ainsi, la Cité badine plaisamment avec les Cieux, tantôt flirtant, tantôt surfant au-dessus d’un lit d’ouate diaphane… Elle s’élève et se rapproche ainsi plus surement du firmament… « un peu plus près des étoiles ».

Quand la Cité s'éveille...

Les plus beaux Matins du Monde...

À Cordes sur Ciel, tout se joue de manière aléatoire certains Matins…   

Réveils Brumeux… Réveils Heureux…

Quand la Cité s'incarne...

La puissance iconique...

Cordes sur Ciel peut défiler sans complexes sur le podium des plus beaux sites et se prêter à toutes les formes d’artialisation…

          Cette scénographie grandeur Nature aléatoirement répétée est devenue un marqueur identitaire et donc un « hypersigne » de communication territoriale pour la « Néo-Cité » : plus un discours, plus une mise en scène, plus une expérience vécue n’évoquant la « Cité Céleste »… Sa propension aux représentations en tous genres est telle que cela a contribué à propulser la Cité au rang d’un lieu quasi-icônique.

           Cordes a sans doute fait du géomarketing  malgré elle et avant l’heure… Mais le résultat est là : la magie du nom opère ! La commune devenue une « réalité augmentée et amplifiée » peut revendiquer une nouvelle reconnaissance : une identification  alternative s'est installée dans les perceptions individuelles et collectives. La Cité rebaptisée peut désormais voguer vers de nouvelles aventures. Grâce à la puissance évocatrice de son nouveau toponyme et à sa carte d’identité reconfigurée, elle peut faire valoir dans son programme de découverte, un supplément de « spectacle géographique » : elle a réussi à devenir une singularité naturelle, celle d'une "Cité qui part à l'assaut du Ciel" avant même d’être un « livre d’histoire à ciel ouvert » !

UNE TRIBUNE PRIVILÉGIÉE ENTRE TERRE ET CIEL...

CORDES OU L'ÉMOUVANCE DU CIEL

CORDES, LA CITÉ QUI BADINE AVEC LES CIEUX...

À Cordes sur Ciel, la Cité « perchée sur son Puech », une épaisse couche de nuages vient au petit matin ceinturer le haut de la bourgade qui fait figure de « Cité Perce-Brume » et semble soudainement apparaitre telle une « Cité Vaisseau » au-dessus des nuées… L’Habitant ou le Visiteur de l’intra-muros se trouve alors propulsé dans un état d’apesanteur et éprouve un « sentiment d’être-au-monde » des plus singuliers…

Caprice des Cieux, cette représentation exceptionnelle n’a pas lieu en toute saison, en toute condition…

La météorologie arbitre !

«

Des voiles légers descendent du ciel de nuit vers les brouillards de la vallée, s’y mêlent un moment, puis coulent plus bas tandis que les fumées de la terre, une à une, montent encore et se dissipent enfin sous les étoiles claires. Le silence devient vaste et léger sur la vieille cité déserte. Tout est possible alors : voici la réconciliation. Et l’on se dit que cette carène, incrustée de vieux et précieux coquillages, s’est échouée tout au bout du monde, à la frontière d’un autres univers, et qu’ici les amants ennemis vont enfin s’étreindre, l’amour et la création s’équilibrer enfin 

»

Préface donnée par ALBERT CAMUS à CLAIRE TARGUEBAYRE pour son livre Cordes en Albigeois (1954) Éditions Privat.

L'HISTOIRE EST ALCHIMIE...

LA MÉMOIRE PROFUSIVE

CORDES,

LA CITÉ

ÉNIGMATIQUE

              L’Histoire a pourtant fait la fortune de Cordes et reste sa préface nécessaire et incontournable. La Cité s’est longtemps complu dans un Moyen Age idéalisé et une historicité magnifiée ce qui a pu en faire le « pré carré » de « curieux savants ». Cordes a pu être érigée en lieu de « pèlerinage historique », un statut hors-norme pour la Vénérable Bastide, que Jacques de Crozals, un visiteur érudit, revendiquait dès 1891 après une de ses explorations studieuses de la Cité :

Si  les Français avaient une curiosité plus intelligente des véritables beautés de leur pays et une notion plus exacte des lieux qui valent une visite, Cordes deviendrait rapidement un but de pèlerinage historique. (…) Il vaut la peine que l’on sache en France et l’existence de Cordes et son prix.

»

«

CROZALS, de Jacques (1891) - Une ville française au Moyen-Age, Cordes. Revue de géographie, janvier-juin, tome XXVIII, pages 81-93. 

      Cordes a passé les examens de toutes les typologies pour devenir archétypale.  « Cité Historique », « Cité Témoin », « Cité Palimpseste »… au patrimoine préservé et restauré, ses mémoires sont vivantes et interactives. Elle est un modèle de « Cité Nouvelle » subitement fondée et expressément propulsée dans un scénario de « croissance miracle » pour l’époque médiévale, elle est un exemple de « Cité Forteresse » (« la citadelle aux cinq enceintes ») et un spécimen de « Cité Gothique » (« le joyau aux cent ogives »). Son capital hérité du passé est à forte valeur ajoutée et ses notoriétés transfrontières reconnues ne sont plus à démontrer, notamment alimentées par d'illustres visiteurs ou résidants qui ont contribué à bâtir et à entretenir une certaine réputation.. Elle est un terrain privilégié de pédagogie médiévale et d’exemplarité architecturale.

     Mais la « Doyenne des Bastides albigeoises », à l’orée de la commémoration de ses 800 ans,  trouve toujours ses ressorts dans la fiction. La « Vérité historique » n’a pas réussi à tout démêler, à tout révéler, à tout décréter… En effet, Cordes fait de la résistance au savoir académique et à sa validation scientifique... Elle reste une Cité énigmatique, une Cité elliptique, une Cité ésotérique… La civitas multarum deliciarum n’a pas tout (dé)livrer et cultive son hortus conclusus, son jardin secret.

L'Histoire Académique

a érigé Cordes en

Cité Médiévale archétypale...

Cordes se prête à de nombreuses modélisations : elle est à la fois un modèle de « Ville Neuve » à la croissance urbaine record, un modèle de Cité Forteresse, un modèle de Cité Gothique…

Les histoires populaires ont façonné Cordes en Cité Légendaire...

Cordes entretient et cultive les mystères… Elle est un terrain fécond pour toutes les spéculations imaginaires…

         Mythes et légendes sont intrinsèques à la genèse et à l’existence même de la Cité mulitséculaire et sont toujours puissamment à l’œuvre, véhiculés de générations en générations, de visiteurs en visiteurs. En effet, résonnent en Cordes, l’échine d’un dragon, les forces du zodiaque, les utopies des Alchimistes, l’Esprit des Cathares, des Chevaliers ou autres Moines rouges…, les réminiscences d’une Inquisition brutale, le génie créateur d’une pléiade d’artistes, le lyrisme des amoureux fous … Cordes est une « Cité Énigmatique » et  un gisement propice à toutes les divagations, à toutes les supputations, à toutes les évasions… L’imaginaire y est prolifique, les forces de la pensée vagabonde y sont des plus fécondes, la « rumeur des siècles » y est solidement implantée. Tant dans les inconnues de ses entrailles, que dans les « mémoires de ses pierres » ou que dans les légèretés de ses envolées aériennes, la Cité est sujette à tous les vagabondages oniriques, elle reste une terre féconde pour toutes les spéculations… et là est son autre grandeur, son autre puissance…

Mémoires douloureuses, Mémoires glorieuses, Mémoires tumultueuses… Cordes est le prototype d'une Cité « Garde-Mémoires »…

UN TERREAU FÉCOND POUR L'IMAGINAIRE...

CORDES OU LA PUISSANCE DES LÉGENDES

Là... et pas Ailleurs...

Le Puech élu...

Saint Michel terrasse le dragon...

LES MYTHES

CRISTALISATEURS DE LA CITÉ CORDAISE

Un Très Profond Puits de Lumière

Les Forces du Zodiaque

Les Aventuriers d'un Amour impossible

L'ENCHANTEMENT EST PHILOSOPHIE...

L'ÉMOTION IMPULSIVE

CORDES,

LA CITÉ MUSE

     Ce n’est pas un hasard si Cordes, lieu inspiré et inspirant, est devenue pour beaucoup, anonymes ou illustres personnalités, une « Cité Muse ».

Cordes a pu être érigée au rang de Cité spirituelle et artistique car les forces de la pensée créative et innovante y  prospèrent. La Cité a été somatisée, racontée, célébrée, artialisée… À ce titre, Albert Camus a exprimé le don pour l’Enchantement qu’exerce Cordes dans une prose quasi-indépassable et sans cesse (ré)citée tel un « louange sacralisé »… Sa préface de l’ouvrage de Claire Targuebayre, Cordes en Albigeois (1954),  est devenue LE « carton d’invitation de la Cité », un véritable « faire part de réjouissances ». Dans des accents dignes de Giono ou de Bernanos, il fait de la « Cité radieuse » l’incarnation de la « Cité Enchanteresse », véritable lieu magnifié en terre promise.    

Cordes et Albert Camus : le Sacre de l'Enchantement

INVITATION

«

On voyage pendant des années sans trop savoir ce que l’on cherche, on erre dans le bruit, empêtré de désirs ou de repentirs et l’on parvient soudain dans un de ces deux ou trois lieux qui attendent patiemment chacun de nous en ce monde. On y parvient et le cœur enfin se tait, on découvre qu’on est arrivé. Le voyageur qui, de la terrasse de Cordes, regarde la nuit d’été sait ainsi qu’il n’a pas besoin d’aller plus loin et que, s’il veut, la beauté ici, jour après jour, l’enlèvera à toute solitude (...) C’est bien là ce qui fait l’enchantement de Cordes : tout est beau, même le regret.

»

Préface donnée par ALBERT CAMUS à CLAIRE TARGUEBAYRE pour son livre Cordes en Albigeois (1954) Éditions Privat.

Cordes et Jeanne Ramel-Cals : la Tentation Céleste

         Il y a bien à Cordes sur Ciel une accointance singulière qui se réalise entre tout Être sensible et ce Lieu résonnant, accointance salutaire pour toutes les formes d’obédiences et de résiliences. Certains y ont vu le « vestibule du paradis » à la manière de la journaliste, poétesse-romancière Jeanne Ramel-Cals, la « Dame de Cordes », dépositaire et promotrice de la « métaphore élue » :

Parmi ceux qui Lui viennent, il en est qui Lui restent. Oui, envoûtés, pris pour Elle d’une sorte d’amour à toute extrémité.

«

«

»

Ce qui me semble le propre de Cordes sur Ciel, c’est l’extraordinaire de son ordinaire, rencontré un peu partout. Ce sont les magies de sa réalité.

»

RAMEL-CALS Jeanne (1947) – Cordes sur Ciel. Magies et mystères de son passé. Imprimerie coopérative du Sud-Ouest. 87 p. (p. 61)

UNE CITÉ INSPIRÉE ET INSPIRANTE...

QUAND LES DOMAINES DE LA CRÉATION S'EMPARENT DE CORDES ...

LA FULGURANCE DES ARTISTES

»

Mais Cordes, c’est surtout (…) une cité de transformation, de transmutation et de métamorphose. A Cordes, chaque jour, est une exploration nouvelle, à la découverte d’une nouvelle voie possible. Le dédale cordais offre, poétiquement, à la méditation un formidable réservoir d’interrogations fondamentales

«

SANDA, Paul (2016) – Cordes-sur-Ciel, Cité mystérieuse. Templiers, initiés et moines rouges. Editinter Rafael de Surtis. 163 p.   (p. 153)

«

»

Ces artistes qui vivent en elle et par elle, car c’est elle qui les « nourrit » ; c’est d’elle que vient l’inspiration qui les porte, à leur su ou à leur insu. Voilà pourquoi Cordes est unique 

JONIN Jean-Gabriel (1993) – Cordes sur Ciel ou l’échine du Dragon. Tome III - La cité artistique. Les Éditions de Mordagne. 380 p. (p.99)

 CORDES et LA PEINTURE

Yves BRAYER

en situation...

Cordes vue par Jeanne RAMEL-CALS

Yves BRAYER (1907-1990)

Cordes en Albigeois (1984)

Arsène PELEGRY (1813-1881)

La tour de la Barbacane (1858)

Musée des Augustins - Toulouse.

 CORDES et LA LITTÉRATURE

 CORDES et LE CINÉMA

La Bouquetière des Innocents

Jacques Robert

1922

Rémi sans famille

Antoine Blossier

2018

 CORDES et LA BANDE DESSINÉE

JEUX D'ÉCHELLES

CORDES SUR CIEL EN TROIS FOCALES...

ÉMERGENCES

Focale 1

Focale 2

Focale 3

De Loin...

De Près...

De Haut...

Une échelle détonante :

Cordes sur Ciel,

la "Cité Jaillissante"

Une échelle foisonnante :

Cordes sur Ciel,

la "Cité Captivante"

Une échelle insufflante :

Cordes sur Ciel,

la "Cité Énergisante"

Cordes, la "Cité Vaisseau"

     Peu après Vindrac, et bien qu’il fût dix heures du soir, Cordes apparut. Suspendues très haut dans la nuit, des lumières immobiles vinrent lentement à la rencontre de la voiture où se trouvait Rémy. Petite Agathe lui avait montré parfois des cartes postales qu’elle recevait de Cordes, elle lui avait aussi parlé de la vieille bastide.  « Si tu imagines,  mon petit bien-aimé, quelque chose comme un Mont Saint-Michel-de-la-Terre, tu as vu Cordes ». Il la reconnut. Elle s’avançait vers lui, haute et sombre, déjà profilée sur le ciel éclairé de lune et sur le fond des montagnes albigeoises, des autres « puechs » qu’elle dominait. A mesure que la voiture s’approchait d’elle, le cité s’élevait ainsi dans l’espace, elle se déployait en hauteur, elle livrait un à un ses détails, et bientôt elle prit son véritable aspect qui est celui d’une nef, d’un vaisseau. Ses flancs furent visibles, qui plongeaient fortement dans les végétations de la terre. Puis, des étages de murs, de maisons et de toits se superposèrent. Et très au-dessus, voisine du ciel, à l’avant, près de la proue, la tour géométrique qui somme l’église et lui tient lieu de clocher paracheva l’architecture de cette ville flottante, lui donna son axe et son échelle, et décupla son élévation

«

HÉRIAT  Philippe (1934)  – La foire aux garçons. Éditions Folio (p. 145)

»

Jeux d’échelles

CORDES SUR CIEL EN TROIS FOCALES

Émergences

 

Focale 1…….. DE LOIN

Une échelle détonante : CORDES SUR CIEL, LA « CITÉ JAILLISSANTE »

++ Du Mirage… au Miracle

++ De l’Envol… au Planol

++ Du Vaisseau… à l’Odyssée

 

Focale 2…….. DE PRÈS

Une échelle foisonnante : CORDES SUR CIEL, LA « CITÉ CAPTIVANTE »

++ Entre Haut et Bas

++ Entre Contour et Détours

++ Entre Ombre et Lumière

 

Focale 3…….. DE HAUT

Une échelle insufflante : CORDES SUR CIEL, LA « CITÉ ÉNERGISANTE »

++ Pour les scrutateurs d’horizons… Délectations paysagères

++ Pour le spectateur matinal…. Représentation exceptionnelle

++ Pour les amateurs d’envolées… Divagations aériennes

Sous-Sommaire

      Cordes sur Ciel, comme dans tout exercice d’observation géographique, nécessite d’être appréhendée à travers différentes focales. Il est important en effet, de déployer tous les réflexes du photographe professionnel, spécialiste de la « captation du réel », pour saisir et comprendre la Cité dans toute son amplitude, dans toutes ses profondeurs. Quelle que soit l’échelle géographique retenue, de Loin, de Près, de Haut, voire de Très Haut…un même sentiment prédomine :

Émergences . . .

Cordes sur Ciel se soupçonne d'abord de Loin

Révélation...

     La Cité surprend le Visiteur-Découvreur d’où qu’il vienne. Conformément à son « âme rebelle originelle », Cordes s’insurge dans un paysage caussenard à la topographie tabulaire et à la physionomie plutôt apaisée. Juchée sur son promontoire, son apparition est brusque et soudaine et confine à une véritable « vision-révélation ». Ce choc perceptif est fait d’abord d’une part d’incrédulité, puis aussitôt d’une part d’attractivité. Cordes est plus que jamais la « Cité Jaillissante » et dès lors un tropisme irrépressible s’exerce, tel un aimant de curiosités.

Cordes sur Ciel se découvre ensuite de Près

Captation...

    La Cité promet au  Visiteur-Arpenteur une découverte au contenu prométhéen. Impossible de rester loin, de renoncer à son approche, puis de tourner casaque en capitulant à ses pieds. Cordes, Cité-Vigie, invite à son ascension. Mais, Cordes se mérite. Il faut grimper, encore grimper, toujours grimper. C’est une véritable  rétrospective historique qui prend fin au XIIIème siècle qui défile à chaque pas. L’escapade s’effectue dans une ambiance   esthétique   certaine   qui   pousse à la contemplation et à la méditation. Cordes est plus que jamais la « Cité Captivante » et dès lors sa dotation patrimoniale est source d'enrichissement, tel un gisement de ressources.

Cordes sur Ciel se savoure enfin de Haut

Délectation...

    L’assiette du promontoire sur laquelle s’est implantée la Cité primitive est le couronnement de la visite.  Par une sorte de volteface subliminal, le Visiteur-Contemplateur se retrouve propulsé en situation dominante et émerge à son tour ! Certes, tout scrutateur d’horizons sera comblé et pourra s’adonner à de langoureuses pauses panoramiques se laissant embarquer par des vues mosaïques aux airs de « Petite   Toscane ». Mais c’est surtout l’amateur « d’atmosphères » qui sera enchanté. Le  clou du spectacle est la chorégraphie matinale et il est préférable d’être un « lève-très-tôt » si on veut être au rendez-vous de la représentation qui voit la « citadelle assiégée », prise d’assaut par les offensives brumeuses et vaporeuses … Cordes est plus que jamais la « Cité Énergisante » et dès lors sa posture insuffle, tel un mouvement d’élévation... d'aspiration(s) et d'inspiration(s).

       Vue de Loin, vue de Près ou vue de Haut, un même dénominateur commun : Cordes sur Ciel permet de fousiquer* et de s’espanter* … en toute Émergence(s)

*FOUSIQUER : fureter / fouiner

*S’ESTANPER : s’étonner / s’émerveiller.

Vu de Loin...
LA CITÉ JAILLISSANTE
UN LIEU DÉTONANT

»

«

Si tu imagines... quelque chose comme un Mont Saint-Michel-de-la-Terre...

tu as vu Cordes !

HÉRIAT  Philippe (1934)  – La foire aux garçons. Éditions Folio (p. 145)

        D’où que l’on vienne et quel que soit son mode d’accès, Cordes sur Ciel est un choc perceptif avant de devenir une réaction émotive. En effet, la cité surgit sans préavis dans un territoire aux allures redondantes telle une « irruption paysagère ». Cordes est une « Cité jaillissante » qui s’insurge géographiquement… tout comme elle s’est insurgée historiquement ! Son site est celui d’une résilience rebelle…

Du Mirage... au Miracle

        La vision première et lointaine de Cordes confine au mirage… La Cité  a pris assise sur un de ces innombrables puechs ou pics qui ponctuent la région. Un « puech élu », le puech de Mordagne est devenu le « puech providentiel » sur lequel la "Cité majestueuse" a prospéré. Face à ce lieu hors du commun, nombreux sont ceux qui ont cru à une « hallucination » ou à un « rêve éveillé ». Pourtant, plus l’approche se précise, plus la cité loin d’être virtuelle confirme sa consistance et sa prestance : il y a manifestement de la densité et de la personnalité en vue…

    Cordes est un véritable « sphinx de pierre » (Jonin) qui a réussi à enrober ou ensevelir d’architecture une colline toute entière. Elle apparait comme une « nef qui aurait résisté aux usures du temps » (Ramel Cals). Plus que jamais Cordes peut être qualifiée de « Mont Saint-Michel de la plaine » (Malot) ou mieux de « Mont Saint-Michel de la terre » (Hériat).

Garin s’arrêta, sidéré. Sortant de la forêt, il venait de l’apercevoir. Un instant, il crut qu’il était victime d’une hallucination. Une cité tout en or posée sur un nuage. Puis la raison lui revint. La ville de pierre, dorée par le soleil levant, émergeait simplement de la brume matinale tapie dans les vallées. S’il avait été poète, il aurait parlé de joyau sur une bague, ou d’île sur une mer d’écume, mais ça lui évoqua plutôt des noisettes caramélisées sur un lit de crème fouettée. Il faut dire qu’il avait faim. Tout au long du chemin, en lui indiquant sa route, les gens avaient commenté : « Et vous la verrez sur son puech, vous ne pouvez pas la rater ». Eh bien il la voyait, sur son puech, il ne l’avait pas ratée. Et un puech était bien une colline

»

«

HALLUCINATION...

BRISOU-PELLEN Evelyne (2005) – Garin Trousseboeuf. Le souffle de la salamandre. Folio junior. 235 p. (p.42)

La simple vue de Cordes, même de loin, nous indique déjà que nous avons affaire à un lieu hors du commun et tout à fait énigmatique

»

«

UN LIEU HORS DU COMMUN...

SANDA Paul (2016) – Cordes-sur-Ciel, Cité mystérieuse. Templiers, initiés et moines rouges. Editinter Rafael de Surtis 163 p. (p.22)

De loin, on aperçoit une chose étrange, presque irréelle, semblable à une fantasmagorie ou à un décor de théâtre ; l’œil s’attache à ce spectacle, à la fois bizarre et nouveau, sans pouvoir le quitter, et au fur et à mesure qu’on s’approche, les lignes se précisent, les objets prennent forme, et on finit par s’apercevoir que ce qu’on prenait à distance pour une cité de rêve est bel et bien une réalité

»

«

UNE CITÉ DE RÊVE...

DE LESTANG Henri (juge de paix de Carmaux) – Le pays tarnais (1930) – Editions Occitania.

Parfois de nulle part une image surgit...

Parfois un seul regard suffit...

CORDES, CITÉ MULTIFACETTE

De l'Envol... au Planol

        Cordes sur Ciel exerce un puissant tropisme... La Cité emporte le Visiteur dans un double mouvement et l'embarque dans une double aventure.

         Cordes est avant tout un Envol, "un élan", "un arrachement vertical" de la Terre vers le Ciel". La Cité par sa physionomie impulse ou imprime un mouvement globalement sinusoïdal. Il faut la conquérir. La pente est rude et rugueuse.

          Cordes est ensuite un Planol. Une fois arrivé en son sommet, son cœur névralgique, la plénitude est au rendez-vous. En effet, que ce soit des chemins de ronde qui ceinturent la Cité primitive ou des places belvédères qui ouvrent la Cité sur des horizons lointains et porteurs... tout est propice à la "planitude".

             A Cordes, on passe donc de l'Envol ... au Planol.

        Le gradient altitudinal modeste, en apparence, est conséquent en terme d’effort physique car s’opérant sur une petite distance : le visiteur-arpenteur passe de 211 mètres d’altitude à 289 mètres. Entre la place de la Bouteillerie, dans le bas de Cordes, et la place de la Bride, la « place belvédère » dans le haut de Cordes, il y a à vol d’oiseau près d’un kilomètre à parcourir avec une dénivelée de près de 80 mètres. Si on raisonne en termes de distance-temps, pondérée par un coefficient de pauses et de flâneries, le compteur peut vite s’emballer !

Dans le dédale cordais...

Un essaim agglutiné, ascendant, de vieilles maisons de pierre dorée, aux toits de tuiles sombres, que scandent des vestiges de tours et des chemins de ronde, que domine un haut beffroi carré 

»

«

UN ESSAIM AGGLUTINÉ...

TARGUEBAYRE Claire  (1954) – Cordes en Albigeois. Editions Privat. 126 p. (p.23)

Cette colline de deux cents mètres de haut qu’on voit garnie, depuis sa base jusqu’au sommet, de maisons en escalier et de terrasses superposées, de chemins montants et en labyrinthe, de murs crénelés et de portes fortifiées, et tout en haut de ce pain de sucre, les toits pointus et la flèche du clocher se profilant sur l’azur, tout cela c’est Cordes, la bastide la plus curieuse et la mieux conservée de l’Albigeois, un des spécimens les plus réussis de l’architecture médiévale 

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UNE COLLINE GARNIE...

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Henri de Lestang (juge de paix de Carmaux) – Le pays tarnais (1930) – Editions Occitania.

CORDES, CITÉ PLANITUDE

Du Vaisseau... à l'Odyssée

LE PROFIL D'UN VAISSSEAU

Cordes, sur son Puech, a le profil d’un vaisseau. (…) On a vraiment l’impression d’un paquebot, le clocher Saint-Michel avec sa tour de guet le dominant, déporté à tribord, figure la cheminée. La proue semble être dirigée vers l’ouest. Le vaisseau de Cordes vient donc de l’Orient. (…) Si l’on songe que le Puech porte, dans ses flancs, des coquillages millénaires, l’image du vaisseau  se trouve richement illustrée

JONIN Jean-Gabriel (1991) – Cordes-sur-Ciel ou l’échine du Dragon. Tome I - La cité cathare. 201 p. (p.86)

UNE ODYSSÉE HÉROÏQUE

Cordes, c’est un vaisseau. (…) Cette image du navire est particulièrement frappante. (…) Le symbole même du vaisseau nous renvoie à une odyssée héroïque (…) Quant à la route que semble suivre ce navire, en provenance de l’Est pour se diriger vers le Couchant

SANDA Paul (2016) – Cordes-sur-Ciel, Cité mystérieuse. Templiers, initiés et moines rouges. Editinter Rafael de Surtis 163 p. (p.20)

Vue de loin, la Cité a le profil singulier d'un vaisseau ou d'un paquebot. Celui-ci a été maintes fois reconnu et décrit.

A son bord, une Odyssée héroïque peut commencer. En effet, loin d'être arrimé, le paquebot semble voguer et son cap est fixé : il trace plein Ouest !

Dès l'Aube, à l'heure où surgit la "Cité-Vaisseau"...

Réjouissances matinales... Vol au-dessus d'un lit cotonneux...

LA CITÉ CAPTIVANTE
Vu de Près...
UN LIEU FOISONNANT

«

Cordes, encore un autre de ces endroits indescriptibles, sans aucun parallèle possible

»

Thomas Edward LAWRENCE (1908)

      S’approprier la Cité de Cordes sur Ciel nécessite de comprendre ses logiques d’organisation et de fonctionnement socio-spatiales. Cela passe tout d'abord par l'identification d'une morphologie générale. Cordes est en fait l'addition de deux figures géométriques/graphiques élémentaires :

+ A la base : une structure conique

+ Au sommet : une surface ayant la physionomie d'une ellipse.

La genèse de la Cité a commencé d'un sommet qui a été totalement reconfiguré et reformaté car largement arasé ou aplani. En effet,, dans un premier temps, la construction de la Cité s'est alimentée des propres ressources minérales du site. Les chantiers de construction ont fait du puech de Mordagne, une carrière à ciel ouvert.

 

 

 

 

, c’est comprendre le délicat équilibre entre les atouts et les contraintes de la patrimonialisation d’une Cité fortement historicisée, dont le salut passe par la touristification, et les défis et enjeux de la modernité. Cordes se comprend ainsi à travers trois logiques structurantes :

Cordes sur Ciel a une configuration remarquable. Elle est une combinaison de deux formes géométriques élémentaires et imbriquées :

+ Un cône en guise de corps

+ Une ellipse en guise de socle sommital

Cordes sur Ciel est profondément marquée par la puissance de ses orientations :

+ Sur les flancs de son cône : une force gravitationnelle

+ Dans sa partie ellipsoïdale : un axe structurant primordial Est / Ouest

Entre Haut et Bas

      Cordes est une Cité dichotomique : elle doit réussir l’articulation entre une partie haute qui incarne la « centralité historique » (le noyau primitif ou originel) et une partie basse (la périphérie des extensions contemporaines). Entre ces deux entités, un glissement de centre de gravité s’est opéré au cours de l’histoire…. et a pu conduire à une véritable dualité, la relation entre ces deux ensembles n’étant pas toujours évidente (syndrome de la fracture socio-spatiale).

Le Haut de la Cité est perché (il culmine à 289 mètres), fermé (plusieurs systèmes d’enceintes le cloisonne), historicisé (le capital patrimonial y est abondant) correspond à la Cité historicisée et sanctuarisée, domaine réservé ou pré carré des touristes.

 Le Bas de la Cité est ouvert, fluide, connecté… correspond à la Cité moderne

La dichotomie est vécue comme un  effet « Janus » : l'un tourné vers le passé et l'autre tourné vers le futur. croisée des chemins alterne deux faces dans l'exercice du pouvoir

Quand les forces altitudinales "géo-fractionnent" la Cité :   le gradient cordais

Cordes présente un dispositif classique de Cité à la structure dichotomique :

.. Un noyau originel qui a pour caractéristiques d'être historiquement daté (1222), d'être géographiquement positionné (point culminant : 289 m) et d'être morphologiquement ceinturé (ligne d'enceinte qui délimite un "Cordes intra-muros").

.. Une croissance périphérique en deux temps. Tout d'abord, une occupation des flancs du puech par extension des zones de peuplement (quartiers). Ensuite, une migration et une dilatation de la Cité dans les contre-bas...vers la vallée. Un nouveau Cordes se structure...

Quand les forces cardinales "géo-orientent" la Cité :  les leçons du zodiaque

Le Haut de la Cité a tous les attributs :

.. de la Cite Sentinelle : première ligne d'enceinte à l'état de relique car intégrée dans un bâti original ("Maisons Falaises") et portes verrous.

.. de la Cité Belvédère : point de vue.

Quand les forces contemporaines "géo-restructurent" la Cité : la Revanche du Bas

La Cité migre vers le Bas et délocalise les systèmes d'enceintes et démultiplie les portes d'accès et de contrôle.

Elle atteint le nouveau carrefour, nouvelle centralité.

Entre Contour et Détours

L’accès dans le cœur historique de la Cité se fait par une porte d’entrée principale (place de la Bouteillerie) mais avec deux artères ou voies distinctes :

+ Une entrée réservée aux piétons :

+ Une entrée réservée aux véhicules : voitures + fameux « Petit Train » touristique

 

L’accès « véhicule » est un accès à sens unique et implique de faire un tour complet de la Cité

 

Le cœur de la Cité est un sanctuaire pour piétons.

Une accessibilité  compliquée :

rude est la montée !

Comme pour toute ville historiquement datée et perchée de surcroit, les conditions d'accessibilité ne sont pas simples et si rudes !

Il est préférable de découvrir la Cité à pied : une entrée principale, celle de la "Grande Montée"...

Il est toutefois possible de rejoindre le Haut de la Cité de manière individuelle (accès voiture) ou de manière collective (accès train).

Une circularité imposée :

univoque est le sens !

L'accès voiture ne laisse guère de choix :

.. Une entrée officielle et une seule : la rue de la Bouteillerie.

.. Une direction et une seule : le circuit cordais. Ceinturer la Cité sans jamais la pénétrer directement ou revenir en arrière...

Une fluidité limitée :

directive est la visite !

Dans le Haut de la Cité, guère de place à un itinéraire à tronçons variables... La Cité primitive se résume à deux rues quasi parallèles et qui assurent une jonction à leurs extrémités.

La Grand'Rue Raymond VII, artère maîtresse.

La rue Saint Michel.

Absence de perpendiculaires ou de transversales à l'exception de la place Charles Portal.

Entre Ombre et Lumière

On observe dans l’organisation et le fonctionnement de la Cité cordaise, la force des positions ou directions cardinales. Le cœur historique de Cordes est « géo-orienté » :

+ Il est étiré selon un axe Est / Ouest ouvert par deux portes symétriques : la porte du Levant et la Porte du Couchant.

L’ellipse qui se dessine oppose deux faces ou « façades » où le climat impose ses caprices :

+ Exposée plein Sud, la façade lumineuse et chaude. La façade rieuse, radieuse et flatteuse

+ Exposée plein Nord, la façade grise, sombre et froide. La façade de la grisaille, la façade ténébreuse

Une façade est privilégiée pour assister à la chorégraphie matinale : Cap Nord ! La façade Nord est la plus généreuse : par l’amplitude de son panorama, mais également et surtout par son positionnement privilégié pour savourer la chorégraphie matinale. La façade la plus inspirante n’est pas celle que l’on croit… Nord gagnant !

Quand Levant et Couchant donnent à Cordes son "Axe Solaire"

Quand la ronde du Soleil donne à Cordes deux façades

Quand le Soleil Levant orchestre la chorégraphie cordaise

SYNTHÈSE

LA CITÉ ÉNERGISANTE
Vu de Haut...
UN LIEU INSUFFLANT

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Le voyageur qui, de la terrasse de Cordes, regarde la nuit d'été sait qu'il n'a pas besoin d'aller plus loin

        Une fois dans le cœur de la « cité… bénie des Cieux »… le sentiment d’élévation prend tout son sens. De ses hauteurs, la cité insuffle une énergie débordante.

Pour les Scrutateurs d'Horizons... Délectations Paysagères...

          Cordes sur Ciel est une "Cité Vigie" ou une "Cité Belvédère" qui offre de ses hauteurs et de toutes parts, des horizons abondants et généreux. Nombreux sont les "points spots" ou les "haltes inspirantes" à partir desquels, il est possible d'ouvrir à 180 degrés le compas de la vision et de se projeter sur l'écran d'une campagne mosaïque particulièrement vivante. Tout concourt à faire de Cordes sur Ciel, une Cité propice aux pause panoramiques et contemplatives. Il y a tous les ingrédients pour combler l'appétit paysager du voyageur en quête de terroir pittoresque.

Deux places belvédères sont incontournables :

+ La place de la Bride pour observer la vallée du Cérou.

+ Le Jardin Royal pour observer la vallée de l'Aurosse.

 

Le Spectacle est aussi dans la Vallée...

Une "Cité Interface"

On prend alors conscience que Cordes sur Ciel est une "Cité Interface" au carrefour de plusieurs régions :

+ A l’Ouest, les bordures du Domaine de Grésigne.

+ Au Sud, le gaillacois y pointe ses paysages viticoles.

+ A l'Est, les collines et plaine de l'Albigeois

+ Au Nord, le Ségala s'annonce.

Elle se retrouve à l’interface de quatre unités paysagères qui y dessinent leurs limites respectives.

Le Ségala Carmausin

Le Domaine de Grésigne

CORDES,

CITÉ INTERFACE

Collines et Plaine de l'Albigeois

Le vignoble gaillacois

Ambiance européenne....

          Cordes sur Ciel est porteuse d'une certaine forme d'européanité... Nombreux sont les visiteurs qui se sont risqués aux comparaisons ou analogies flatteuses :

+ Quand Cordes est comparée à une vile espagnole : la "Tolède tarnaise"

+ Quand Cordes baigne dans une ambiance italienne : la "Petite Toscane"

 

La ville couronne une colline aux flancs de laquelle montent la route et les sentiers muletiers. Un air d’Espagne embaume ce fief des comtes de Toulouse. Du fond du vallon qu’elle domine, dressée au-dessus- des peupliers et des labours, elle est semblable aux villes de Castille : même noblesse sévère, mêmes remparts dorés ; les tours de guet déchirent un ciel d’été historié comme un blason. Ici tout parle de guerres somptueuses et lentes, de guerre « objets d’art ». Dans les ruelles étroites bordées par les façades gothiques des palais à demi-abandonnés dort une ombre fraîche, très noire, un silence que troublent à peine les grondements d’un vent montagnard qui frappe sur la ville comme sur un tambour… 

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Jean GIONO (1966) – Yves Brayer. La Bibliothèque des Arts. Paris.

La "Tolède Tarnaise"

Un Air de "Petite Toscane"

AMBIANCE EUROPÉENNE

Un Air d'Espagne

Un Air d'Italie

Quand Cordes est qualifiée de

"Tolède Tarnaise"

Quand Cordes trône dans une

"Petite Toscane"

Pour les Spectateurs Matinaux... Représentations Exceptionnelles...

        À Cordes sur Ciel… mieux vaut être un Visiteur du Matin…et un « lève-très-(très)-tôt ». En effet, Cordes est avant tout une relation privilégiée avec le domaine céleste, comme son nom de baptême l'indique en promesse... Cordes peut être vue comme l'histoire d'une idylle céleste et d'une Cité qui badine avec les Cieux... Les "matins propices", Cordes est une "Cité Spectacle" en deux actes :

Acte I :  La Cité est pacifiquement assiégée par des offensives brumeuses et vaporeuses

Acte II : L'entrée en scène d'un Soleil Levant venant les contrarier puis les dissiper et irradiant de ses tonalités orangères / rougeâtres la Cité en plein réveil et libérant par la même occasion la "vallée invisible".

      Le Lever du Soleil y est beaucoup  plus spectaculaire que son Coucher.  Le Levant peut donc rivaliser sans complexe avec le Couchant. L’Aube surclasse et surpasse le Crépuscule… Les Visiteurs du Soir risquent d’être déçus !

Les plus beaux Matins du Monde

Atmosphère, Atmosphère... Vous avez dit Atmosphère ?

Délectations matinales... Éclats levantins....

       Ce spectacle peut s’apprécier de deux points de vue avec des sensations différentes. Il y a deux manières différentes de vivre la chorégraphie matinale cordaise :

+ In Situ, au cœur de la "Cité Spectacle" … Le spectateur embarqué dans le vaisseau se retrouve alors propulsé en apesanteur. La couronne nuageuse qui ceinture ou auréole la Cité est alors à sa portée…tel un champ cotonneux.

+ Ex Situ, en marge de la "Cité Spectacle" sur un des innombrables spots périphériques… Le spectateur observe le navire émergé puis vogué…

Celui qui n’a pas vu Cordes au réveil ne peut comprendre la magie de la cité !

Cordes,

"CITÉ SPECTACLE"

Assister aux CHORÉGRAPHIES MATINALES

Le Spectacle IN SITU

Être embarqué

dans la

Cité-Vaisseau

Le Spectacle EX SITU

Voir la Cité-Vaisseau défier l'offensive céleste

Pour les Amateurs d'Envolées... Divagations Aériennes...

Il en résulte une envie de monter encore plus haut… très haut…toujours plus haut ! tel le rêve d’Icare. On a envie de percer l’interdit de la tour carrée. On se dit que de ce point culminant on sera le « maitre de Cordes » et on comprendra enfin la cité dans son insertion géographique et sa configuration. Vue à 360° unique ! La magie de la Tour.

Faute de cette accessibilité … Décollage et survol de la Cité

Tout est plus noble de là haut !

Cordes ou le rêve d’Icare

LIEUX DE MÉMOIRES

CORDES SUR CIEL EN TROIS ACTES...

CONFLUENCES

Acte 1

Fondation...

Mémoires de Cathares :

Cordes sur Ciel,

la "Cité Fortifiée"

Acte 2

Expansion...

Mémoires de Marchands :

Cordes sur Ciel,

la "Cité Magnifiée"

Acte 3

Scénarisation...

Mémoires d'Artistes :

Cordes sur Ciel,

la "Cité Icônisée"

Cordes, la "Cité Énigmatique"

Sous-Sommaire

Lieux de Mémoires

CORDES SUR CIEL EN TROIS ACTES

Confluences

 

 

Acte 1… Le temps de la FONDATION – Cordes comme réponse à l’adversité

Mémoires de Cathares : CORDES SUR CIEL, LA « CITÉ FORTIFIÉE »

Par la volonté d’un homme : Raymond VII, le comte bâtisseur

Par l’opportunité d’un site : le Puech de Mordagne, la « colline providentielle »

Par la nécessité de garanties : Cordes, une Cité de Privilèges

 

Acte 2… Le temps de l’EXPANSION – Cordes comme intermède de prospérité

Mémoires de Marchands : CORDES SUR CIEL, LA « CITÉ MAGNIFIÉE »

Cordes à l’heure de la croissance dorée : la Cité Opulente

Cordes à l’heure des crises à répétition : la Cité Léthargique

Cordes à l’heure des recompositions critiques : la Cité Déclassée

 

Acte 3… Le temps de la SCÉNARISATION – Cordes comme quête de réinventivité

Mémoires d’Artistes : CORDES SUR CIEL, LA « CITÉ ICÔNISÉE »

Le temps de la désolation… Péril en la Demeure… Une Cité à sauver

Le temps de la création… Génie en la Demeure… Une Cité à artialiser

Le temps de la touristification. Visites en la Demeure…. Une Cité à partager

      Cordes sur Ciel  est le prototype de la « Cité Historique » aux mémoires denses, toujours résonantes et prégnantes. Son passé est loin d’être simple : « dans le destin de la ville se sont succédées de brèves périodes brillantes et de longues angoisses ».

      La Cité peut être comprise à travers un certain nombre de moments historiques clés qui ont imprimé de manière quasi-indélébile dans la personnalité de la Cité ses caractères les plus remarquables… autant de résurgences qui interfèrent et produisent l’historicité cordaise à la manière de...

Confluences . . .

Cordes est une réponse à l'adversité

Sécurité...

     L’année 1222, année de la fondation,  est « l’année zéro » de la Cité cordaise. Création ex nihilo, le nouveau bourg est l’émanation d’une puissante volonté, celle du comte de Toulouse Raymond VII dans un contexte politico-religieux particulièrement troublé. Croisade contre les cathares et ambitions expansionnistes des rois de France s’entremêlent et déchirent l’Albigeois. Le ton est donné par le choix du site et de la finalité : Cordes sera une Cité fortifiée, à la fois rebelle et résistante, dont la construction puis les extensions nécessaires successives vont en faire la « Cité aux Cinq Enceintes »

Cordes est un intermède de prospérité

Félicité...

      Du milieu du XIIIème siècle au milieu du XIVème siècle, Cordes a connu son « siècle d’or ». Cette séquence d’expansion florissante, courte car fragile, est fondée sur l’artisanat et le commerce faisant de la place forte un centre de peuplement actif qui avec près de 6 000 âmes à l’apogée de sa croissance démographique lui permet de rivaliser avec sa voisine albigeoise !   Durant cette période, les privilégiés de la condition sociale et de la formation intellectuelle, animés d’une ardeur constructive inspirée des plus grands maitres italiens, parent la Cité de ses plus belles Demeures. Cordes est une Cité magnifiée par l’art gothique qui y inscrit toutes ses déclinaisons, du gothique primitif, en passant par le gothique rayonnant jusqu’au gothique flamboyant. Cette frénésie constructive fait de Cordes la « Cité aux Cent Ogives »

Cordes est une quête de réinventivité

Créativité...

    L’époque contemporaine (XIXème / XXème siècles) est faite de recompositions multiples. Après un déclin insistant qui semblait « sonner le glas de la Cité » et cela en dépit de quelques interludes de renaissances aux rapides dénouements, Cordes connait un renouveau qui se veut refondateur et qui prend le cap de la scénarisation. D’abord élitiste, puisque alimenté par une poignée d’artistes et d’intellectuels qui en font une Cité Muse, le mouvement devient plus massif à la faveur du développement des activités touristiques. En quelques années, Cordes-sur-Ciel, Cité iconisée, devient une destination phare de la région Occitanie. Le tourisme est son nouveau salut. Toutefois, pour capter  les flux de visiteurs, dans un contexte de compétition accrue, il ne suffit plus de valoriser le gisement patrimonial même si une unité se construit autour de la thématique des « bastides albigeoises », nouvelle force qui s’organise en réseau… Il faut innover en produisant et entretenant une différence qui permet de compter autrement et durablement sur la scène touristique régionale et au-delà. Cordes-sur-Ciel doit sans cesse retravailler son image et confirmer ainsi son esprit de « Cité aux Mille et Une Inspirations ».

LE TEMPS DE LA FONDATION
Sécurité
LA CITÉ FORTIFIÉE

Une ville forte s'éléva sur un sommet qu'un âge pacifique eût sans doute toujours laissé à l'écart

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CROZALS, de Jacques (1891) - Une ville française au Moyen-Age, Cordes. Revue de géographie, janvier-juin, tome XXVIII, pages 81-93.

      Contrairement à tant de villes pour lesquelles il est laborieux, voire hasardeux de reconstituer les conditions et les modalités de leur fondation, la genèse de Cordes a pour elle la force de la limpidité : « Cordes n’est pas de ces cités aux origines vagues, indistinctes. Elle a jailli d’un coup (…) et s’est mise aussitôt en pleine lumière ».17

        Son « Registre d’État Civil » est des plus instructifs.  Date de naissance : le 4 novembre 1222. Père fondateur : Raymond VII, comte de Toulouse. Nom générique : Cordoa, comme un clin d’œil à l’andalouse Cordoue. Lieu d’implantation : le Puech de Mordagne, la « colline providentielle » décrétée « site élu ». Raison d’être : Résister !

    Cordes est en effet, enfantée dans la douleur. Elle est le fruit d’une brutalité de l’Histoire et son existence même est indissociable des heurts et malheurs du catharisme. Elle est inventée pour exprimer une adversité et opérer une sorte de résilience dans une région terrassée par la tragédie et « affolée de désordre ».18 Ce contexte incubateur va lui donner à jamais ses apparats de citadelle fortifiée et cristalliser sa posture défensive. Toutefois,  l’esprit et l’espoir d’insoumission qu’elle est censée incarner va rapidement devenir amères désillusions. Le destin de Cordes est lié à celui du comté de Toulouse dont les heures sont comptées...

Par la volonté d'un Homme :

Raymond VII, le Comte Bâtisseur

?

Pourquoi l'année 1222, présente-t-elle les conditions favorables à l'invention d'un nouveau bourg castral au nom de Cordoa ?

       En août 1222, suite à la mort de son père Raymond VI, Raymond VII (né en 1197 à Beaucaire – mort en 1249 à Millau) devient le nouveau comte de Toulouse en titre et hérite d’un domaine chancelant attaqué sur plusieurs fronts par plusieurs ambitions associées. Il doit s’affirmer plus que jamais comme un comte reconquérant, acculé à un rebond ou à un sursaut décisif pour sauver l’intégrité et l’indépendance de son comté.

     En effet, depuis 1209, le comté, terre d’élection du catharisme, religion dissidente considérée comme hérétique et schismatique par l’autorité romaine, subit les assauts d’une croisade sans précédent dans l’histoire de la chrétienté : une croisade « d’une croix contre une autre croix ». Cette guerre sainte dissimule mal la rivalité entre le Nord et le Sud de la France et est une occasion pour la dynastie capétienne d’élargir et d’asseoir son autorité. Le roi Louis VIII qui ne veut et ne peut s’engager directement a délégué les « Barons du Nord » pour conduire l’armada des croisés. Le comté endure de sévères épreuves subissant exactions et massacres et accumule  les épisodes tragiques : Béziers, Foix, Toulouse, Carcassonne… font figure de « villes maudites et martyres ». Un mot d’ordre semble animer l’offensive des croisés : « Tuez-les tous, Dieu reconnaitra les siens ! ».

    Un événement local déterminant dans le Nord Albigeois, aux lisières du Quercy et du Rouergue prépare la naissance de la future Cordoa : la destruction de la place forte de Saint-Marcel-Campes qui tombe sous les assauts des troupes de Simon de Montfort en 1212 après deux mois de siège. Guillaume de Tudèle a restitué le drame de Saint-Marcel-Campes dans « La Chanson de la Croisade Albigeoise » et l’a définitivement rangé dans la catégorie des lieux martyrs mais héroïques du catharisme. Saint-Marcel étant littéralement rayé de la carte, créant par là-même un vide dans le dispositif de défense du comté, il est impératif d’imaginer une solution de substitution. C’est ainsi que Cordoa est très officiellement créée le 4 novembre 1222. Elle est marquée du sceau de son père fondateur, Raymond VII et des ambitions qu’il lui assigne.

La Nouvelle Ville doit être Une Cité Forteresse

    « Le bourg est fondé pour asseoir le pouvoir comtal en Nord Albigeois, sur la route qui mène, au-delà du péage de Laguépie au confluent du Viaur et de l’Aveyron, vers les terres comtales du Rouergue occidental qui sont contrôlées à partir du château de Najac ». Cordes est conçue comme la place forte de substitution de Saint-Marcel…pour être encore plus forte !

      Elle doit jouer un rôle de verrou ou de bastion protecteur sur une ligne frontière sensible avec le Royaume de France, mais également assurer un rôle de carrefour qui ouvre les grandes villes de l’Albigeois et du Lauragais vers une zone d’échanges active.

La Nouvelle Ville doit être Une Cité Sanctuaire

    Cordes, véritable « Terre Promise » doit regrouper toutes ces populations éparses et en déshérence victimes des assauts destructeurs des croisés. Les habitants rescapés ou miraculés du défunt bourg de Saint-Marcel vont constituer la plus grosse fraction de ces néo-habitants : à  leur manière, les habitants délogés de Saint-Marcel qui constituent la population primitive de Cordes sont les « descendants ou ancêtres des Cordais ». Dans cet effort de reconstruction, Cordes va devenir un havre de sécurité provisoire pour les populations séduites par la croyance alternative et toujours sous la menace de la croisade anti-albigeoise. Il est difficile d’évaluer la proportion des tenants de l’hérésie dans la population totale cordaise et d’identifier à quelles catégories sociales ils appartenaient. On peut considérer selon les sources que le mouvement hérétique concerne entre 10 et 20 % de la population totale.

Entre Saint-Marcel Campes et Cordes :

un lien indicible...

   Entre Saint-Marcel Campes et Cordes, un lien transcendant ou une relation symbiotique s’est instaurée. Il y a une relation de cause à effet entre le destin tragique de l’une stoppée brutalement dans son existence même et la raison d’être de l’autre conçue comme une relève, une revanche. Le drame de l’un fait la fortune de l’autre !

   Saint-Marcel, la forteresse agressée et anéantie,  opère une forme de renaissance ou de résurrection symbolique en Cordes, la « forteresse résiliente ». Les habitants miraculés de Saint-Marcel opèrent leur réincarnation dans le Cordais en gestation et deviennent les « ancêtres »

   Cordes est donc en quelque sorte « la fille de Saint-Marcel » et le lien « familial » et mémoriel qui les unie est désormais irréversible.

Par l'opportunité d'un site :

le Puech de Mordagne,

la "Colline Providentielle"

?

Pourquoi avoir choisi le site du Puech de Mordagne pour y établir et y développer la Ville Nouvelle de Cordoa ?

      Le Puech de Mordagne, monticule couronné de calcaire blanc et isolé entre deux lignes de coteaux (vallée du Cérou au Nord, vallée de l’Aurosse au Sud) a été choisi par Raymond VII pour devenir le cadre réceptacle de la future Cité. Cette « colline providentielle » devenue « site élu » a pour elle  un certain nombre d’avantages comparatifs et différenciatifs. Deux raisons déterminantes justifient le choix du comte de Toulouse :

Le Puech de Mordagne offre une configuration naturellement défensive

     Le Puech présente tous les atouts requis pour y installer une Cité Belvédère ou Vigie. Il a l’intérêt de l’altimétrie : le puech culmine à 289 mètres et s’ouvre sur des horizons amples et dégagés. Il a la force de la déclivité : les flancs aux pentes accusées contrarient les conditions d’accessibilité. On peut également voir dans les forces telluriques du lieu une aspiration métaphysique : « construire une cité suspendue entre le feu de la terre et le feu du ciel, c'est, dans un double mouvement, élever les hommes vers la lumière et souhaiter qu'elle descende vers eux, en eux ». Jean-Gabriel JONIN

Le Puech de Mordagne a connu une amorce de peuplement

       Les quelques rescapés ou miraculés de la tragédie de Saint-Marcel, contraints à la fuite, ont fait du Puech de Mordagne (non loin) leur destination refuge, leur salut immédiat et provisoire : c’est le « pic providentiel ».12 Ils y ont établi des installations sommaires et de fortune. Ils vont donc être les premiers habitats de fait de Cordes et peuvent donc être considérés comme les « ancêtres des cordais »

Par la nécessité de garanties :

Cordes, une Cité de Privilèges

?

Quelles sont les règles définies par Raymond VII qui vont permettre à une ville nouvelle "surgie de presque rien" de devenir un centre qui monte en puissance dans l'Albigeois ?

      L’acte de naissance solennel de la Cité est matérialisé par la rédaction d’une charte de fondation ou charte de coutumes. Cette charte, véritable « contrat social » définit le cadre de fonctionnement de la jeune Cité. Elle est constituée de 12 articles qui explicitent les caractères propres de la Cité :

Le statut de la Ville Nouvelle est établi

      Cordes est désignée comme un castrum novum et est la volonté d’un transfert et d’une institutionnalisation du pouvoir. Une nouvelle maille territoriale d’organisation politique est mise en place : Cordes devient le centre du comtat cordais entre Viaur et Tarn… « Fondée avec une vocation de « chef-lieu » militaire et administratif, le bourg central devient dès le début du XIIIème siècle, le centre de la plus importante baylie des comtes de Toulouse en nord-Albigeois ».

La finalité principale de la Ville Nouvelle est affirmée

    La moitié des 12 articles sont de nature commerciale. Une fois élaborée, la Cité peut alors s’épanouir dans une autre fonction qui est garante de sa viabilité. La Cité Forteresse peut devenir une Place Centrale. Elle doit remplir des fonctions démographiques et économiques en devenant un foyer de peuplement important animé d’activités générant une dynamique de croissance et développement. Cordes va ainsi s’épanouir comme Cité artisanale et marchande prospère en cohérence avec un « bon pays »  qui constitue son arrière-pays vital. 

« La charte de coutumes concédée en 1222 par Raymond VII assimile fortement le bourg en formation à sa fonction marchande, consacrant plusieurs items aux réglementations concernant le marché, le mazel et les système de poids et de mesures ».

Des garanties sont précisées à destination de ses habitants

Elles sont de différents ordres : garanties fiscales (exemptions et dispenses), garanties juridiques (libertés). Elles donnent à la Cité autant d’avantages comparatifs qui fabriquent son attractivité : il y a de quoi attirer par les privilèges de Raimon VII accordés à la future cité.

La Charte de 1222 est confirmée par le Libre Ferrat en 12xx.

Cordes, Cité désenchantée

     Toutefois, Cordes qui voulait incarner un foyer de résistance et un foyer d’indépendance va être confrontée à une série de désenchantements. Prise dans les jeux et enjeux de l’histoire régionale, Cordes ne réussit pas à incarner sur la durée l’ambition dont elle était porteuse.

En 1271, Cordes est définitivement rattachée au Royaume de France : c’est la fin du Comté de Toulouse

      Depuis 1229, le comté de Toulouse était en sursis, depuis la défaite humiliante de Raymond VII et son obligation de se soumettre au Traité de Paris. Celui-ci prévoyait qu’en cas de déficit de succession mâle, le comté serait rattaché au Royaume de France. Cela s’effectuera lors du décès des ultimes héritiers sans descendance. La mort d’Alphonse de Poitiers entraine l’annexion du comté de Toulouse au domaine royal. « Cordes est désormais d’Appartenance Royale, les fleurs de lys fleurissent sur son blason »24 Il est alors prudent d’obtenir du roi Philippe le Hardi une première reconnaissance des libertés octroyées en 1222. Une charte de 1283 reprend donc le texte de 1222 mais avec quelques modifications et additions introduites par la chancellerie royale. On consacre notamment un article à la désignation des consuls. Emanant de l’autorité royale, le texte de 1283 devient le document de référence.

« En 1229, selon les clauses du traité de paix de Meaux-Paris, le comte de Toulouse doit remettre au roi, pour dix ans, plusieurs castra dont celui de Cordes. En 1243, les consuls jurent fidélité au roi mais le comte récupère théoriquement ses droits sur le castrum peu après cette date ».

 

En 1321, Cordes, Cité hérétique excommuniée fait sa soumission à l’Église de Rome en demandant son pardon

      Cordes fait sa soumission à l’Eglise de Rome. La ville est exonérée de l’interdit papal. En 12xx, dans une ambiance de suspicion généralisée, Cordes a reçu la visite de inquisiteurs. Ils auraient été massacrés et la Cité aurait été excommuniée. Depuis, 12xx, elle vit sous les menaces des évèques d’Albi. Elle est après maintes querelles, sentences d’excommunications ou autres persécutions…ralliée à l’Eglise catholique romaine. Les cathares présupposés ou avérés ont disparu. L’Inquisition a triomphé non sans savoir laissé de traces. L'hypothétique épisode des 3 inquisiteurs de xxxx cristallise autour de lui toute une mythologie autour du puits central de la place de la Halle. Ce lieu né pour être ordinaire et qui devient un lieu de toutes les spéculations et qui ne va cesser d’occuper l’histoire locale depuis.

L’Inquisition y a cruellement frappé, surtout sous la direction de l’évêque catholique d’Albi.

Prospérité
LE TEMPS DE L'EXPANSION
LA CITÉ MAGNIFIÉE

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Dans le destin de la ville se succèdent de brèves périodes brillantes et de longues angoisses

TARGUEBAYRE Claire (1954) – Cordes en Albigeois. Editions Privat. 126 p.

     Une brève mais déterminante séquence florissante (milieu XIIIème siècle – milieu XIVème siècle), un long déclin ponctué de quelques renaissances éphémères (milieu XIVème siècle – fin XIXème siècle), un renouveau toujours en cours (XXème – XXIème siècle) : telles pourraient être les grandes articulations de l’histoire de Cordes à l’heure de la maturité. « Son histoire oscille entre l’apogée rare et l’immobile mort » Claire TARGUEBAYRE (p. 107)

Cordes à l'heure de la croissance dorée...

La Cité Opulente

     Du milieu du XIIIème siècle au milieu du XIVème siècle, Cordes connait une des séquences majeures de son histoire : celle de son « siècle d’or », de son « Âge Fastueux » qui va laisser en héritage ses éléments d’identité les plus remarquables notamment en terme architectural.  Elle connait, en effet, un des plus importants développements, que l’on connaisse à cette époque-là, en Occitanie. Fière et sûre de sa réussite, la Cité affiche ses audaces architecturales. Elle connait un  Morbus aedificandi, un besoin pathologique de bâtir et de paraitre !

Cordes a su développer une série d’activités économiques qui sont les ressorts d’une croissance exceptionnelle

     Cordes construit son dynamisme sur la base d’un artisanat ingénieux et performant : le tannage (travail du cuir) et le tissage (travail des draps et des étoffes). Elle devient un des pôles rayonnants de la région de la draperie languedocienne. « Le bourg se démarque par la vitalité de son artisanat du cuir et des textiles ». Pour cela, elle s’appuie sur un arrière-pays agricole qui lui fournit la matière première nécessaire.  Dans la palette culturale du comté, on trouve les « plantes à filer » (le lin et le chanvre sont cultivés dans la vallée) et les plantes tinctoriales (le pastel, la garance, le safran). « L’économie cordaise, c’est la toile tissée dans les ateliers de la cité, et le cuir tanné au bord du Cérou, dans les tanneries. Mais c’est aussi les transactions marchandes. (p. 159)

    En peu de temps, elle devient une Cité marchande plutôt prospère et attractive. Cela se vérifie à travers ses marchés hebdomadaires, ses foires annuelles (« Une foire se tiendra le jour de la Saint-Barthélemy est octroyée en 1273 par Eustache de Beaumarchais.  Une foire le jour de la fête de Saint Barthélémy, patron des cordonniers » D’autres sont créées au début du XIVème siècle ») et également sa place centrale publique convertie en Halle dans les années 1273-1276  (… conduit les consuls à entreprendre en 1353 la construction d’une halle pour vendre les étoffes et les cuirs les jours de marché »). En 1357, la ville tenait deux marchés hebdomadaires et 3 foires annuelles (une foire concédée par Eustache de Beaumarchais en 1273) une halle édifiée dans les années 1273-1276(cf Portal)

Son rayonnement est reconnu. … Si Cordes a été baptisée par son père fondateur, Cordoa, en référence à la Glorieuse Cité espagnole Cordoue, elle-même championne du tannage, elle peut s’enorgueillir de se rapprocher des performances de sa « grande sœur » hispanique. Sa confiance est telle  que  Cordes se dit capable « de mettre toute la France en chemise ».13 « Il est indéniable que Cordes est une ville marchande, une ville où l’argent circule, voire l’or, où des fortunes se font » (p. 160)

Le dynamisme économique s’accompagne d’un

véritable boom démographique

     Cordes atteint en un temps record (en moins d’un siècle) un effectif de population qui en fait un foyer de peuplement majeur de l’Albigeois. Au début du XIVème siècle, Cordes est une Cité « populeuse » qui compte près de 6 000 habitants ce qui la situe au même niveau qu’Albi, la Cité épiscopale voisine et la « capitale régionale ». Tant son solde naturel, que son solde migratoire sont excédentaires.  A l’étroit dans la Cité primitive, les faubourgs se multiplient. La Cité colonise progressivement ses flancs originellement défensifs et désormais réceptacle des nouvelles extensions urbaines. Elle repousse ainsi à renfort de peine et de labeur ses murailles protectrices. Il y aura au total jusqu’à 5 générations d’enceintes successives ce qui reflète bien la non anticipation d’un tel potentiel de croissance. Un de ses quartiers a des allures de « fourmilière humaine » si on se réfère à son nom. Peu à peu, un glissement du centre de gravité de la Cité s’opère… qui migre vers la Vallée. Une « cité dans la cité prend forme ». Une nouvelle Cité rivale de la Cité initiale se développe : l’opposition entre le Haut et le Bas est en train de se mettre en place et de se structurer, préparant une ligne de fracture majeure, fabriquant une ville dichotomique.

Cette croissance démographique s’accompagne

de recompositions sociales

    Une catégorie aisée de la population s’affirme, les bénéficiaires de la croissance vertueuse. Un véritable patriciat mêlant noblesse et bourgeoisie tient les clés de la réussite de la Cité. Grâce à des architectes inspirés d’une Italie à la Renaissance assurée, la Cité est gagnée par une ardeur bâtisseuse qui va la parer de ses plus habits. On assiste à la construction d’impressionnants hôtels particuliers, Belles Demeures fastueuses et opulentes qui affichent la réussite de leurs propriétaires. Cordes devient un terrain d’expérimentation en matière d’architecture gothique civile. A Cordes, tout est dans les façades qui s’illustrent par leurs décors sculptés. Interfaces entre l’espace privé et l’espace public, elles sont délibérément porteuses de différents messages pour l’homme de la rue « initié ». Elles sont certes la signature de leurs propriétaires qui y expriment leur réussite, elles sont également un message avec une dose plus ou moins grande d’ésotérisme. Il y a sur ces façades tout un univers qui grouille et qui témoigne. Ces façades sont à la fois une signature d’appartenance, un témoignage sur les états d’âmes d’une époque, une sensibilité liée à certains canons de beauté. Elles ont bien une triple dimension : identitaire, esthétique, ésotérique

Cordes à l'heure des crises à répétition...

La Cité Léthargique

       Cet « âge d’or » si fondamental pour forger et ancrer une partie de l’identité cordaise est de courte durée. Il s’épuise au milieu du XIVème siècle. La Cité s’installe dans une dynamique décliniste qui est juste le reflet des maux récurrents et des impuissances insistantes de l’époque, la traduction des tourments et des tournants de l’histoire du Royaume de France auquel elle est désormais viscéralement rattachée…  « La Cité s’endormit, subissant l’histoire sans plus y avoir un rôle » (p. 14) « L’âge d’or de Cordes se termina brutalement vers 1350, la Peste Noire et la guerre de Cent Ans s’alliant pour ruiner la ville ». PRADALIER-SCHLUMBERGER Michèle (2005) – Cordes-sur-Ciel. Editions Jean-Paul Gisserot. 32 p. (p. 3)

Ambiance belliqueuse…. Citadelle assiégée…

    Épargnée militairement par le conflit dynastique de  la guerre de Cent Ans, elle en subit les effets collatéraux. La ligne de front est toute proche ce qui installe la Cité en état d’alerte permanent (« la proche frontière contre les Anglais de Grésigne qui ont pris saint Antonin »). De plus, la Cité doit participer à l’effort de guerre du royaume et est régulièrment mise à contribution (prélèvements, réquisitions, participation financière). Tout au long du XVIème siècle, la guerre de religions opposant catholiques et protestants la confronte par contre à plusieurs attaques ravageuses. Restée fidèle à la hiérarchie romaine, elle est menacée par les Huguenots qui ont investi les Cités rivales de Bruniquel et Saint Antonin.  L’un des évènements les plus marquants de cette période reste la prise de Cordes par les Huguenots en 1568. A ce climat belliqueux, vient se surajouter celui de l’insécurité chronique qui prospère dans cette ambiance de désordres. Elle est entretenue par des hordes de voleurs et de pillards, de troupes de brigands fortement organisés : les « écorcheurs ». Cordes et ses environs vivent sous leur menace.

Un Tueur en série fait régner la Terreur sur la Cité

       Cordes est également touchée par une Terreur d’une autre nature, celle de la Peste, qui est le plus terrifiant des tueurs en masse / en série de l’époque.  La pandémie touche la Cité à répétition. décimée par de redoutables séquences épidémiologiques. Jamais une telle Terreur n’avait frappé la région. Elle est touchée par la Peste, qui à différentes reprises, en 1587, « année de la grande contagion », en 1594, en 1629 et 1631 ravage Cordes. Cela se traduit par d’insurmontables saignées humaines tant par la surmortalité que le mouvement d’exode massif qu’elle peut provoquer. . La pyramide des âges de la Cité se voit meurtrie de classes creuses, d’une fonte des effectifs sans distinction d’âge, de sexe, de condition. Ce déficit se révèlera insurmontable et irrattrapable. La peste foudroie, anéantit, frappe sans distinction…  Elle est dévastatrice…

   À ces pertes physiques s’ajoute une ambiance de psychose individuelle et collective, un climat anxiogène plombe les espoirs de la Cité. Cette tourmente des esprits crée une ambiance de « fin de monde » avec l’irrationalité comme « sortie de crise »… On préconise toutes sortes de mesures. Jamais Cordes ne retrouvera sa force d’antan. La maladie revient régulièrement et engendre une réelle anxiété collective. « Avec ses airs e fin du monde, ses fosses communes, ses cortèges de Flagellants, la pandémie… » / Le plus terrifiant des tueurs en série / Jamais Cordes ne retrouvera le nombre d’habitants qui était le sien avant le passage de la peste. Faute de remède, on préconise toutes sortes de mesures : les confréries, les fondations de chapelles (recrudescence de la dévotion qui se traduit par la restauration de l’antique église du Saint-Crucifix) , les messes, les mesures de quarantaine (défense à toute personne venant d’un lieu infecté de ne rentrer dans la ville qu’après 20 jours d’attente)…

Visages faméliques…

Cordes est fragilisée par la précarité alimentaire ordinaire. Elle vit sous un régime de disettes structurelles….le spectre de la famine, à plusieurs reprises plane sur la Cité famélique…

   En cette fin de Moyen Age et en ces débuts de Temps modernes, le destin de Cordes n’a rien d’exceptionnel : il est à l’image de tant d’autres et semble dicte par un fatalisme que résume l’incantation désespérée et désespérante vainement répétée : L’incantation qui a marqué toute l’époque médiévale a trouvé un écho saisissant à Cordes et peut résumer le drame de son destin : « De la peste, de la famine, de la guerre, délivre-nous Seigneur » !14 // Cordes est bien régie par Les 4 cavaliers de l’Apocalypse : guerre / mort / famine / peste !

Cordes à l'heure des recompositions critiques...

La Cité Déclassée

Créativité
LE TEMPS DE LA SCÉNARISATION
LA CITÉ ICÔNISÉE

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Une ville forte s'éléva sur un sommet qu'un âge pacifique eût sans doute toujours laissé à l'écart

CROZALS, de J